Blog d'Etude de la Culture Visuelle Moderne

Ce Blog porte principalement sur les mangas et l'animation japonaise. Vous y trouverez des fiches descriptives euphorisantes et des critiques transcendantales de ces oeuvres marquantes et singulières qui nous viennent du Pays du Soleil Levant.

08 novembre 2009

Sayonara Zetsubô Sensei

Sayonara Zetsubô Sensei

réalisé par Shinbo Akiyuki, d'après le manga de Kumeta Kôji

Japon : 12 épisodes d'environ 25 minutes (série terminée) - Shaft - 2007

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Histoire:

Critique:

Je suis tout bonnement incapable d'avoir un avis définitif sur cet étrange animé : à la fois source intarissable d'éclats de rire sensationnels et de grands moments de solitude, d'expérimentations artistiques ingénieuses et d'affreuses migraines psychédéliques, ou encore de réflexions profondes et de tentatives humoristiques parfois proches du niveau zéro des pires blagues de Toto ; Sayonara Zetsubô Sensei est un délire totalement absurde tout aussi jubilatoire que fatiguant, tout autant original qu'exténuant. En roue libre de la première minute jusqu'à la dernière seconde de chaque épisode, le studio Shaft nous livre ici une série bavarde et unique, assourdissante et atypique, qu'il peut sembler préférable de consommer avec une certaine modération, voire à dose homéopathique pour les esprits les plus fragiles. Car de la même manière qu'à l'absorption de gros morceaux de sucre dilués dans un délicieux verre d'absinthe aux couleurs enivrantes, si le plaisir immédiat de l'ivresse est bien ici présent, l'ombre d'une terrible gueule de bois plâne cependant sur nos petites têtes étourdies par la douceur de l'instant. Comme pour une fête de tous les diables où l'âpreté du matin est proportionnelle aux savoureux excès de la veille, Sayonara Zetsubô Sensei est une expérience à double tranchant, pour laquelle il ne tient qu'à chacun de définir si le jeu en vaut réellement la chandelle. Chose que, personnellement et faute de recul nécessaire, je n'arrive pas encore à établir clairement pour le moment. Dans tous les cas, j'encourage tous ceux qui n'ont pas froid aux yeux à se laisser tenter, en toute connaissance de cause, par ce breuvage explosif et déroutant. Et qui sait, peut-être même que vous apprécierez cela au point de vous resservir, presque à l'insu de votre plein gré (tel un Virenque complètement dopé), un dernier verre pour la route, ou juste avant d'aller vous coucher. Sur ce, je vous souhaite à tous une bonne nuit, pleine de beaux rêves alcoolisés et de petites culottes bariolées (gné ?).

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01 novembre 2009

Bleach

Bleach

de Tite Kubo

Japon : 41 tomes (en cours) - Shueisha - 2002/...

France : 34 tomes (en cours) - Glénat - 2003/...

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Histoire:

Ce manga n'a pas d'histoire.

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Ok, je rigole. Il y a bien sûr une histoire dans Bleach. Là voilà : le gentil doit sauver la gentille et tuer les méchants.

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C'est bon, j'arrête. La base scénaristique de l'oeuvre de Tite Kubo est quand même un petit peu plus complexe que ça. En vrac, ça parle de hollows (sorte de fantômes relous), de shinigamis (les dieux de la mort), de mecs qui se la racontent grave, de psychopathes aux étranges goûts vestimentaires, de grosses épées qui font bobo et de jolies filles qui font bimbos. Dans tous les cas, l'intérêt de Bleach n'est clairement pas dans l'originalité de son histoire (ce qui ne veut cependant pas dire que celle-ci soit dénuée de qualités). Et d'une manière générale, j'oserais même dire que toute la force de ce célèbre shônen se retrouve justement dans son classicisme. Non, je ne dis pas du tout cela sur un quelconque ton ironique : je m'explique, juste après cette image sur laquelle vos yeux vont certainement bloquer une bonne trentaine de secondes (si vous êtes un gentleman hétérosexuel ou une lady homosexuelle/bisexuelle, bien entendu).

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Y a du soleil et des nanas ! Darladadidada ! (je l'ai déjà faite celle-là...)

Critique:

Comme j'ai déjà pu l'insinuer auparavant (et comme le contenu de mon blog le laisse plus ou moins deviner), je suis un fan de mangas et de japanimation qui peut tout autant apprécier des bizzareries parfois réellement dérangeantes, des vieux chef-d'oeuvres injustement trop méconnus, des productions récentes à la fois hypes et controversées, des perles rares qui sont plus ou moins cachées, d'autres qui sont on ne peut plus acclamées, ou bien encore des titres populaires aux allures de futurs gros succès. Cette grande diversification des genres vers lesquels j'aime me tourner dans ma recherche avide de sensations magakesques et animées, n'est en rien la preuve d'un manque total de goût affirmé ; auquel cas je ne serais qu'un pathétique vide-ordures vivant, prêt à avaler tout ce qu'on voudrait bien lui faire ingurgiter (je vous vois venir). Au contraire, j'aurais plutôt tendance à croire que cela traduit en moi une véritable ouverture d'esprit et un certain relativisme, ô combien nécessaire à toute tentative de critique constructive. Certaines personnes détestent tout simplement et absolument les films d'horreur, elles ne peuvent pas voir une seule minute d'un hilarant et gorissime Braindead ou un seul plan du culte et troublant Psychose d'Alfred Hitchcock. J'éprouve toujours pour ces gens-là, quand j'en croise un représentant au détour d'une anodine conversation, une petite pointe de compassion : c'est tout un pan du cinéma et des expériences fantastiques que cet art merveilleux peut nous faire vivre, qui se ferme à jamais pour ces pauvres allergiques à l'hypnotique genre horrifique. Mais ce sentiment chaleureux s'évanouit alors souvent tout aussi vite qu'il est apparu, lorsque le même individu se sent quasi-inévitablement obligé de ponctuer son compréhensible "j'aime pas" par un odieux et débilisant "c'est de la merde". Cette délicieuse phrase, reconnaissons-le, est alors rarement une attaque directe vis-à-vis de nos propres goûts : elle a dans la plupart des cas valeur de justification, ou se perçoit tout simplement par celui qui l'énonce comme n'étant qu'un grossier synonyme de ce qui la précède (le plus poli "j'aime pas"). Chacun d'entre nous (moi le premier) a d'ailleurs sûrement pris, au moins une fois dans sa vie, un tel raccourci : il est tellement plus aisé de qualifier ce que l'on apprécie guère au moyen de tels propos, afin d'expliquer notre propre répulsion face à l'objet en question, que de se lancer dans un long et interminable plaidoyer cherchant à démontrer les raisons de ce qui ne découle, au final, que d'une indéniable méconnaissance ou d'un initial et inoffensif problème d'affinité. Quelle attitude devons-nous alors raisonnablement adopter face à une situation de ce genre ? Passer outre, s'en moquer, s'il s'agît de personnes dont on se fiche royalement ; et être patient et persévérant si nous sommes devant des amis, des membres de notre famille ou quelqu'un que l'on estime, dans une plus large mesure (combien de fois avons-nous dû revoir le Voyage de Chihiro - avec plaisir, certes - avant de pouvoir convertir à notre cause les tristes âmes égarées de notre entourage ?). Cette persévérance, c'est elle qui nourrit à présent les mots et les lignes de cet article, dans l'espoir, peut-être vain, d'ouvrir les yeux à tous ceux qui osent encore dire avec nonchalance que "Bleach c'est pour les nains". De la persévérance, et quelques images sexy aussi.

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Des arguments de poids... désolé.

Je ne pense malheureusement pas avoir en ma possession les dons de persuasion requis pour convaincre quelqu'un qui déteste complètement les shônen de se mettre à lire et à aimer Bleach (je préfère encore essayer de faire regarder Evangelion à ma copine, c'est pour dire). Je vais donc ici me restreindre à une tâche plus abordable, bien qu'étant toujours hasardeuse : tenter de réhabiliter Bleach auprès de ces fans de shônen qui (jusqu'à ce jour) crachent étonnamment sur ce pillier moderne du "manga pour jeunes garçons". Les reproches que l'on jette habituellement avec dédain au visage de la saga de Tite Kubo sont à peu de choses près, si je ne m'abuse, les suivants : histoire trop conventionnelle aux rebondissements trop prévisibles, personnages trop lisses aux évolutions trop attendues, et mise en page trop tape à l'oeil avec des trop grosses cases dans lesquelles il n'y a, de plus, pratiquement jamais de décors. Si vous imaginez que je vais maintenant démonter ces arguments les uns après les autres, vous faites fausse route : Bleach est, depuis Yu Yu Hakusho, l'un des shônen les plus convenus qu'il m'ait été donné de lire à ce jour. Mais je tiens tout de suite à préciser que, pour moi, ce qui est convenu n'est pas forcément mauvais pour autant. A l'inverse, Bleach est aussi l'un des mangas les plus classes, les plus explosifs et les plus jubilatoires que j'ai pu tenir entre mes mains d'avide lecteur aux grands yeux écarquillés et injectés de sang (car un tome de cette oeuvre prenante, une fois refermé, a fréquemment la fâcheuse tendance à entraîner l'ouverture immédiate de celui qui suit). Ce semblant de paradoxe s'explique d'ailleurs très facilement : il peut y avoir quelque chose de très excitant et de très plaisant dans le fait de découvrir, au détour d'une page, exactement ce que l'on désirait y trouver. On peut en effet ressentir un énorme coup de fouet, une prodigieuse montée d'adrénaline lorsque notre esprit, autrefois tendu dans l'attente presque insoutenable d'une issue à la fois quasi-évidente mais toujours douteuse, se retrouve finalement libéré dans la concrétisation de nos espoirs incontrôlés : oui, Ichigo (le personnage principal de Bleach) se relève ; oui, il est encore plus puissant qu'avant sa chute ; oui, il va complètement écraser son insupportable opposant ; et oui, je pensais bien que les choses allaient se passer ainsi... mais, mon Dieu, qu'est-ce que ça fait du bien ! Je dis que l'on peut expérimenter un tel phénomène dans la rencontre effective de ce que l'on souhaitait profondément, dans la reconnaissance de notre propre élan vers un futur transformant alors nos anciennes convictions en fermes et irrévocables certitudes - je dis que l'on peut éprouver une expérience de ce genre (et non que celle-ci se produit d'une manière constante et automatique), car cela ne dépend évidemment pas du simple caractère convenu d'une oeuvre. Pour que la magie opère, il faut encore une petite chose, une petite chose que l'on trouve parfois chez certains mangakas dont, à mon humble avis, Tite Kubo fait partie : du talent.

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"Chérie... ça va couper..."

Contrairement à ce que l'on pourrait croire communément, le talent n'est pas le seul apanage de l'originalité : il peut aussi apparaître dans l'utilisation maîtrisée de poncifs maintes et maintes fois exploités. Et cette utilisation elle-même n'a pas non plus inévitablement besoin d'afficher les traits tapageurs d'une réinterprétation moderne, à total contre-pied des oeuvres premières qui l'ont alors inspiré. En effet, lorsqu'un excellent pianiste interprète à merveille une oeuvre classique, et cela dans un total respect de la partition qu'il exécute ainsi de main de maître, ne lui reconnaît-on pas indiscutablement un certain talent ? Un talent que l'on n'attribue pas pour autant à toute personne essayant de s'approprier cette même oeuvre, serait-ce dans un détournement flagrant de celle-ci aux moyens d'arrangements anachroniques et déstabilisants. En clair, remixer une symphonie de Beethoven en lui rajoutant des beats hip-hop, des synthés 80's et un chant bluegrass à la O'Brother, serait sûrement une démarche plus créative qu'une interprétation purement classique de la même pièce, sans être toutefois nécessairement plus talentueuse que cette dernière. Du reste, quelques anciennes expériences musicales de cet ordre auraient plutôt tendance à nous prouver que cet étrange remix risquerait sans doutes de produire de violentes crises d'urticaire chez ses auditeurs ; alors qu'une interprétation classique de bonne facture aurait, à l'opposé, de fortes chances de transporter ceux-ci dans un état d'allégresse, peut-être déjà expérimenté, mais tellement délectable et enivrant que l'on ne saurait tout bonnement s'en lasser. Dans le même ordre d'idée, Tite Kubo n'est vraisemblablement pas un impressionnant génie visionnaire (car pour le devenir, l'originalité est cette fois-ci de mise), mais il est incontestablement un auteur talentueux. Sa mise en scène dogmatique et énergique des codes du shônen nous transmet assurément toute la puissance qui se trouve à l'origine et aux fondements mêmes du genre : ses héros ultra-classieux, avec leur force surhumaine et leur coeur aussi pur qu'honorable, sont les parfaits exemples des sacro-saintes figures nippones plaçant le bien-être de leur entourage au-dessus du leur, l'intérêt du groupe devant celui de l'individu ; l'évolution de ces mêmes personnages et la montée en puissance de leurs ennemis (et futurs compagnons pour certains) suivent à la lettre les directives établies et divinisées par le chef-d'oeuvre d'Akira Toriyama ; ses superbes et dynamiques scènes d'action atteignent des paroxysmes de virilité et d'héroïsme combinés, dans la grande tradition des affrontements intersidéraux entre des âmes incandescentes aux aspirations sublimées et universelles ; et l'amour, omniprésent dans l'intégralité de l'oeuvre qui nous est ici présentée, est ramené à son état le plus spirituel et platonique qui soit, car il ne s'agît jamais véritablement de sexe dans ce style de mangas (sauf lorsque celui-ci est utilisé de manière spécifiquement humoristique) mais plutôt d'une chaste et sincère communion des coeurs, à la l'extrême frontière d'une ultime compassion bouddhiste. Au final, nous pouvons même ajouter que cette interprétation respectueuse de la nomenclature shônen, constante tout au long des nombreux tomes qui composent Bleach, n'est pas uniquement classique : elle est carrément, osons le dire, intégriste.

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Jump in.

A mes yeux, c'est un détail en particulier, souvent considéré comme un défaut, qui est le plus représentatif du positionnement de Bleach dans le paysage de la bande dessinée japonaise : l'absence quasi-systématique de véritables décors dans les dessins de Tite Kubo. Vous vous rappelez certainement les différents endroits où avaient lieu les multiples combats hallucinants de notre célèbre et adoré Dragon Ball : plaines désertiques, arènes plus plates que les mannequins anorexiques d'un défilé Chanel, et planète ravagée à la végétation aussi luxuriante que le crâne brillant du Mahatma Gandhi. Et bien, Bleach a réussi à faire encore plus fort : on a ici droit à la Soul Society avec ses couloirs blancs comme neige, au Hueco Mundo avec ses murs, ses sols et ses plafonds aussi blanc que Jacques Chirac dans l'affaire des emplois fictifs (ou pas), ou encore au ciel sans nuages de Karakura, de toutes parts plus blanc que les dents immaculées d'une starlette hollywoodienne photoshopée. Bien sûr, étant aux courant des délais effrayants auxquels les mangakas publiés dans le Shônen Jump sont perpétuellement soumis, je ne doute pas un seul instant que cet apparent laisser-aller dans la réalisation des décors soit la conséquence d'une flemmardise complètement assumée. Mais j'aime toutefois y voir une intention plus subtile, que celle-ci soit consciente ou non : la volonté d'épurer au maximum les pages de l'oeuvre, dans le soucis de transmettre efficacement et rapidement au lecteur la chose qui a le plus d'importance au sein des images qui lui sont dévoilées, soit les personnages et leurs actions. Le cadre de l'histoire apparaît alors comme n'étant plus qu'un élément secondaire ; ce qui importe ici, c'est la lutte entre deux (ou plusieurs) hommes (ou femmes). Notions spatiales et temporelles disparaîssent devant la luminosité étincelante d'une bataille transcandentale où des esprits, en même temps singuliers et universels, opposent l'affirmation de leurs propres existences en tant qu'être doués de volontés, en tant que matérialisation d'une volonté. A la suite de quoi, ces personnages eux-mêmes, magnifiques représentations d'idéaux dépassant les limites de leur corps d'encres et de trames, s'effacent à leur tour devant notre perception sans ombres de la quintessence du messsage shônen par excellence : la vie est volonté. Je force le trait, mais c'est justement en simplifiant les siens, tant dans son dessin que dans son histoire, que Tite Kubo offre à ses lecteurs un accès direct à l'essence primordiale de cette philosophie shônen. Bleach veut dire "décolorant, eau de javel" en français et to bleach devient alors "blanchir, décolorer" ; c'est exactement ce que ce manga fait avec le genre dont il est issu : il rend son discours plus clair, plus brut, le débarasse de toutes ses fioritures afin d'en intensifier l'impact et d'élargir son champ de résonance avec un lectorat toujours plus avide de sensations fortes (et dont je fais évidemment partie). Bleach, c'est du décapant !

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"On va te décaper la tronche !"

Pour conclure, j'ai juste envie de dire que, personnellement, j'aime beaucoup le pop-corn nature. Si certaines personnes n'aiment pas du tout le pop-corn, ce n'est pas un soucis ; je leur demanderais juste de ne pas prétendre que cela est mauvais en soi, afin de ne pas gâcher le plaisir de ce qui adorent en manger. Et si d'autres personnes aiment le pop-corn mais seulement salé, sucré, au beurre ou caramélisé, je ne saurais que leur conseiller d'y goûter un jour sans rien lui ajouter. Ils pourront trouver cela un peu fade au début, mais pour quelques uns d'entre eux, peut-être une poignée seulement, ils réaliseront au bout d'un moment que ce pop-corn nature a aussi du goût, un bon goût même : le vrai goût de pop-corn, tel qu'il est, tout simplement.

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15 octobre 2009

Metropolis

Metropolis

de Osamu Tezuka

Japon : 1 tome (one shot) - Kodansha - 1949

France : 1 tome (one shot) - Taifu comics - 2005

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Histoire:

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Critique:

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Désolé pour ce petit article complètement "what the f**k ?". J'espère que celui-ci pourra néanmoins vous donner un léger aperçu du haut taux de délire (voire de délirium tremens) qui se dégage fortement des pages de cet antique Metropolis du grand maître Tezuka. J'aimerais bien avoir le temps d'écrire quelque chose de plus long et de plus intéressant sur le sujet, mais je réserve mes précieuses qualités rédactionnelles pour des oeuvres sur lesquelles j'aurais certainement moins de difficulté à parler pour ne rien dire. En gros, je fuis l'obstacle. En attendant, je vous laisse en compagnie de cette terrible réflexion qui vous tiendra peut-être éveillé toute la nuit... quelques minutes... quelques secondes ?

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27 septembre 2009

Tengen Toppa Gurren-Lagann

Tengen Toppa Gurren-Lagann

réalisé par Imaishi Hiroyuki

Japon : 27 épisodes de 25 minutes environ (série terminée) - Gainax - 2007

France : 27 épisodes de 25 minutes environ (série en cours) - Beez Entertainment - 2009

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Histoire:

"La vie humaine, spectacle répugnant, gisait sur la terre, écrasée sous le poids de la religion, dont la tête surgie des régions célèstes menaçait les mortels de son regard hideux, quand pour la première fois un homme, un Grec, osa la regarder en face, l'affronter enfin. Le prestige des dieux ni la foudre ne l'arrêtèrent, non plus que le ciel de son grondement menaçant, mais son ardeur fut stimulée au point qu'il désira forcer le premier les verrous de la nature. Donc, la vigueur de son esprit triompha, et dehors s'élança, bien loin des remparts enflammés du monde. Il parcourut par la pensée l'univers infini. Vainqueur, il revient nous dire ce qui peut naître ou non, pourquoi enfin est assigné à chaque chose un pouvoir limité, une borne immuable. Ainsi, la religion est soumise à son tour, piétinée, victoire qui nous élève au ciel."

LUCRECE, De rerum natura, Paris, Flammarion, 1997. Livre I - Eloge d'Epicure. p. 57.

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Critique:

"Comme le plus petit grain de poussière est solidaire de notre système solaire tout entier, entraîné avec lui dans ce mouvement indivisé de descente qui est la matérialité même, ainsi tous les êtres organisés, du plus humble au plus élevé, depuis les premières origines de la vie jusqu'au temps où nous sommes, et dans tous les lieux comme dans tous les temps, ne font que rendre sensible aux yeux une impulsion unique, inverse du mouvement de la matière et, en elle-même, indivisible. Tous les vivants se tiennent, et tous cèdent à la même formidable poussée. L'animal prend son point d'appui sur la plante, l'homme chevauche sur l'animalité, et l'humanité entière, dans l'espace et dans le temps, est une immense armée qui galope à côté de chacun de nous, en avant et en arrière de nous, dans une charge entraînante capable de culbuter toutes les résistances et de franchir bien des obstacles, même peut-être la mort."

BERGSON, Henri, L'évolution créatrice, Paris, Puf, 2007. Ch. III. p. 271.

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"La nature a voulu que l'homme tire entièrement de lui-même tout ce qui dépasse l'agencement mécanique de son existence animale, et qu'il ne participe à aucune autre félicité ou perfection que celle qu'il s'est créée lui-même, indépendamment de l'instinct par sa propre raison. - En effet la nature ne fait rien en vain, et elle n'est pas prodigue dans l'emploi des moyens pour atteindre ses buts. En munissant l'homme de la raison et de la liberté du vouloir qui se fonde sur cette raison, elle indiquait déjà clairement son dessein en ce qui concerne la dotation de l'homme. Il ne devait pas être gouverné par l'instinct, ni secondé et informé par une connaissance innée ; il devait bien plutôt tirer tout de lui-même. Le soin d'inventer ses moyens d'existence, son habillement, sa sécurité et sa défense extérieure (pour lesquelles elle ne lui avait donné ni les cornes du taureau, ni les griffes du lion, ni les crocs du chien, mais seulement des mains), tous les divertissements qui peuvent rendre la vie agréable, son intelligence, sa sagesse même, et jusqu'à la bonté de son vouloir, devaient être entièrement son oeuvre propre. La nature semble même s'être ici complu à sa plus grande économie, et avoir mesuré sa dotation animale au plus court et au plus juste en fonction des besoins les plus pressants d'une existence à ses débuts ; comme si elle voulait que l'homme, en s'efforçant un jour de sortir de la plus primitive grossièreté pour s'élever à la technique la plus poussée, et (dans la mesure où c'est chose possible sur terre) par là jusqu'à la félicité, en doive porter absolument seul tout le mérite, et n'en être redevable qu'à lui-même ; c'est comme si elle avait attaché plus d'importance chez l'homme à l'estime raisonnable de soi qu'au bien-être. Car le cours des choses humaines est hérissé d'une foule d'épreuves qui attendent l'homme. Il semble bien que la nature n'ait pas eu du tout en vue de lui accorder une vie facile, mais au contraire de l'obliger par ses efforts à s'élever assez haut pour qu'il se rende digne, par sa conduite, de la vie et du bien-être."

KANT, Emmanuel, Opuscules sur l'histoire, Paris, Flammarion, 1990. Ch. II : Troisième proposition. p. 72-73.

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"Efforcez-vous ! Efforcez-vous ! Les êtres vivants doivent se sauver eux-mêmes et le Bouddha ne peut les sauver. Si le Bouddha pouvait sauver les êtres vivants, étant donné que les Bouddhas du passé sont innombrables, tous les êtres vivants auraient déjà été sauvés en totalité. Pourquoi avons-nous vagabondé dans la vie-et-mort jusqu'à aujourd'hui ? Pourquoi ne pouvons-nous pas devenir Bouddha ? Comprenez bien que les êtres vivants doivent se sauver eux-mêmes et que le Bouddha ne peut les sauver. Efforcez-vous ! Efforcez-vous ! Exercez-vous vous-même et ne vous appuyez pas sur le pouvoir du Bouddha qui est autrui."

HOUEI-HAI, L'Eveil subit, Traité sur la Porte d'entrée essentielle de la Voie par l'Eveil subit, suivi de Dialogues du Tch'an, Paris, Albin Michel, 1998. Ch. 42.

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"Qu'un génie mystique surgisse ; il entraînera derrière lui une humanité au corps déjà immensément accru, à l'âme par lui transfigurée. Il voudra faire d'elle une espèce nouvelle, ou plutôt la délivrer de la nécessité d'être une espèce : qui dit espèce dit stationnement collectif, et l'existence complète est mobilité dans l'individualité. Le grand souffle de vie qui passa sur notre planète avait poussé l'organisation aussi loin que le permettait une nature à la fois docile et rebelle. On sait que nous désignons par ce dernier mot l'ensemble des complaisances et des résistances que la vie rencontre dans la matière brute, - ensemble que nous traitons, à l'exemple du biologiste, comme si l'on pouvait lui prêter des intentions. Un corps qui comportait l'intelligence fabricatrice avec, autour d'elle, une frange d'intuition, était ce que la nature avait pu faire de plus complet. Tel était le corps humain. Là s'arrêtait l'évolution de la vie. Mais voici que l'intelligence, haussant la fabrication de ses instruments à un degré de complication et de perfection que la nature (si inapte à la construction mécanique) n'avait même pas prévu, déversant dans ces machines des réserves d'énergie auxquelles la nature (si ignorante d'économie) n'avait même pas pensé, nous a dotés de puissances à côté desquelles celle de notre corps compte à peine : elles seront illimitées, quand la science saura libérer la force que représente, condensée, la moindre parcelle de matière pondérable. L'obstacle matériel est presque tombé. Demain la voie sera libre, dans la direction même du souffle qui avait conduit la vie au point où elle avait dû s'arrêter. Vienne alors l'appel du héros : nous ne le suivrons pas tous, mais tous nous sentirons que nous devrions le faire, et nous connaîtrons le chemin, que nous élargirons si nous y passons. Du même coup s'éclaircira pour toute la philosophie le mystère de l'obligation suprême : un voyage avait été commencé, il avait fallu l'interrompre ; en reprenant sa route, on ne fait que vouloir encore ce que l'on voulait déjà. C'est toujours l'arrêt qui demande une explication, et non pas le mouvement."

BERGSON, Henri, Les deux sources de la morale et de la religion, Paris, Puf, 2008. Ch. IV. p. 332-333.

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15 septembre 2009

Hana-Bôro

Hana-Bôro

de Hisae Iwaoka

Japon : 1 tome (one shot) - Shogakukan - 2005

France : 1 tome (one shot) - Kana - 2007

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Histoire:

Dix petites histoires, simples, touchantes et souvent un peu farfelues, ayant pour cadre le milieu scolaire japonais.

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Critique:

C'est trop mignon. Tout simplement.

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Si vous avez aimé Yumenosoko/Au plus profond des rêves, du même auteur, vous apprécierez sans doute tout autant cette délicieuse et savoureuse sucrerie qu'est Hana-Bôro. Voilà tout.

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