Blog d'Etude de la Culture Visuelle Moderne

Ce Blog porte principalement sur les mangas et l'animation japonaise. Vous y trouverez des fiches descriptives euphorisantes et des critiques transcendantales de ces oeuvres marquantes et singulières qui nous viennent du Pays du Soleil Levant.

01 décembre 2009

Midori Days

Midori Days

de Kazurou Inoue

Japon : 8 tomes (série terminée) - Shogakukan - 2003/2004

France : 8 tomes (série terminée) - Kurokawa - 2006/2007

midori_days_01

Histoire:

Mode Proust : On.

Seiji Sawamura, dit "le chien enragé", est un voyou, un rebelle, un tueur, un tatoué, en deux mots : un homme, un vrai de vrai, du genre à faire peur aux petites mémés qui auraient la malchance de croiser son regard enflammé de jeune lycéen énervé, dans un perpétuel rejet d'une castratrice et oppressante société. Mais c'est aussi et avant tout, comme pratiquement tout bon héros de manga comique qui se respecte, un pathétique puceau en manque d'amour et d'affection, soit une sublime représentation virginale de la plus tenace et intense des frustrations adolescentes, connue par une infinie de tristes mâles pubères et boutonneux depuis la nuit des temps, depuis que le monde est monde et qu'une Eve tentatrice mena involontairement (soi-disant) un Adam trop naïf à son inévitable et fulgurante déchéance, je parle ici de l'image même du plus immuable et sulfureux de tous les désirs masculins qui soient, qui furent et qui seront à tout jamais : l'envie d'avoir une copine. Mais, corollaire de sa première et patibulaire particularité, notre brave Sawamura, à son plus grand regret, effraie bien plus les demoiselles qu'il ne les attire, en antagonisme parfait avec la vision bucolique et poétique de l'attraction irrésistible que des excréments d'origine bovine peuvent grandement et naturellement éxercer sur certains insectes de l'ordre des diptères : les mouches, si nous devons les citer. A la fois douce et amère revanche du destin sur le dictat d'une Fortune diabolique et impérieuse, figure immatérielle et banalisée d'une ancienne entité divine aux pouvoirs paralysants et illimités, tel un Zeus olympien dont seule la substantielle moelle, à présent entièrement épurée et synthétisée, aurait survécu aux outrages répétés de terribles croyances païennes tout autant dévastatrices que paradoxalement conservatrices, à fois étrange et indiscutable réponse d'une instance cosmique improbable et de toute évidence, à une échelle intersidérale, bien trop lointaine, réduisant ainsi tout réel moyen de communication entre elle et nous-même à son plus simple appareil, un phénomène sans précédent va alors toucher de sa grâce le pauvre et sympathique garçon dont nous parlons depuis un petit moment maintenant : une jeune fille au visage d'ange et au sourire candide et enjoué, preuve d'un amour pur et noble, sous sa forme la plus juvénile et féminine que l'on puisse humainement imaginer, du doux nom de Midori, sonnant comme une chanson un brin désuète, mais que l'on ne saurait pour autant considérer avec la moindre once du cynisme désinvolte que celle-ci devrait normalement faire naître en notre esprit sombre et désabusé, apparaît sur le bras droit de Seiji, ou, plus précisément, prend la place de la main qui trônaît autrefois à l'extrémité de ce dernier. Situation originale aux conséquences originales, laissons-nous alors porter par ces jours où le mot amour se prononce avec aisance dans une atmosphère chaleureuse et famillière, ces jours où le rire se dévoile dans sa belle et lumineuse nudité, se dissimulant parfois derrière le léger haussement d'un coin de lèvre aguerrie par les différents tours, néanmoins toujours aussi efficaces, des grands artificiers de la mécanique humoristique, laissons-nous flotter au travers de ces pages reliées comme dans un de ces airs anglais que l'on ne peut s'empêcher de fredonner, laisons-nous aller là où nous mènent nos pieds, tout au long de ces agréables et surprenants Midori Days.

Mode Proust : Off.

Un grand merci (et pardon) à tous les masochistes qui ont eu le courage de lire ce pavé sans intérêt dans son intégralité.

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Vive Gnafron !

Critique:

Comme j'aime bien tout faire à l'envers et que je m'impose des cadres tels que "histoire" et "critique" pour le seul plaisir de pouvoir ensuite aller à leur encontre, en mettant notamment le bazar à l'intérieur de ces mêmes limites, je vous propose à présent, et tout simplement, trois courtes pages de Midori Days :

Ici, Sawamura se déguise en fille pour piéger un vieux pervers sévissant dans le train, et tombe malencontreusement sur ses potes :

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Là, Kôta, un ami de Midori, découvre la situation particulière où se retrouve celle-ci et se pose par conséquent une question capitale :

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Et cette dernière planche... et bien, elle se passe de commentaires :

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Articles (plus ou moins) en rapport avec celui-ci :

  • Azumanga Daioh

  • Detroit Metal City

  • Detroit Metal City (Animé)

  • Sayonara Zetsubô Sensei


  • Commentaires

      NJEPSJ HBZT DB QPVUSF !!!

      Mwahahaha.

      Posté par Arca, 01 décembre 2009 à 09:08
    • J'ai vu la série TV mais je n'ai jamais vraiment envisagé de lire le manga. Faudrait peut-être que je me laisse tenter.

      Posté par Sirius, 01 décembre 2009 à 09:20
    • J'avais rédigé un article dessus à l'époque, quand l'anime était sorti, mais pas encore le manga:
      http://www.raton-laveur.net/post/1001

      Posté par Keul, 01 décembre 2009 à 13:44
    • Proustifondant

      "à [LA] fois étrange et indiscutable réponse d'une instance cosmique improbable et de toute évidence"

      "ou, plus précisément, prend la place de la main qui prônait autrefois à l'extrémité de ce dernier. "

      Je ne comprends pas l'utilisation du verbe prôner ici.

      Donc c'est vraiment du solide, Midori Days ? Les extraits ne sont pas top...

      Posté par le gritche, 01 décembre 2009 à 14:03
    • Le gritche : oups, je voulais dire "trônait" (erreur corrigée, merci ^^).
      Sinon, Midori Days c'est du gros classique, autant dans les articulations comiques que dans le développement de la romance principale, mais j'ai trouvé ça très léger et très agréable tout du long (mis à part quelques chapitres pas terribles). Je le recommande chaudement à tous ceux qui ont un coeur de fillette caché au fond de leur poitrine velue (comme moi).

      Posté par Deuz, 01 décembre 2009 à 18:49
    • Midori, midori...

      Je me rappelle avoir vu le dessin animé, mais j'en ai un très très vague souvenir. Je me rappelle juste avoir trouvé ça relativement frais et pas prise de tête. Le manga ne fait que 8 tommes, je devrais peut être m'y pencher.

      Posté par IcingSugar, 03 décembre 2009 à 08:16
    • Ah, j'en ai déjà entendu parler.
      Le concept est... original.
      Je trouve ça vraiment comique le coup de la main droite qui se transforme en jeune fille. =D

      Posté par Acanthe, 20 décembre 2009 à 03:17

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