Blog d'Etude de la Culture Visuelle Moderne

Ce Blog porte principalement sur les mangas et l'animation japonaise. Vous y trouverez des fiches descriptives euphorisantes et des critiques transcendantales de ces oeuvres marquantes et singulières qui nous viennent du Pays du Soleil Levant.

25 décembre 2009

Joyeux Noël ! (souvenirs d'enfance et Mères Noël en tous genres)

Joyeux Noël !

(souvenirs d'enfance et Mères Noël en tous genres)

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Joyeux Noël à tous ! A l'occasion de ce jour merveilleux qui sent bon la neige et les poils de vieux barbu cramés au feu de bois, je vais à présent me confier à vous, chers lecteurs, en vous narrant une étonnante histoire de Noël ! Un conte fantastique, plein de poésie et de tendresse, mais aussi une histoire vraie, pleine de drame et de cruauté : le récit du Noël le plus marquant et le plus frappant de toute mon enfance, un Noël unique qui changea à jamais le cours de mon existence ! (Ok, là j'exagère.) Parmi toutes les personnes à qui j'ai pu raconter cet atypique évênement, lors de soirées alcoolisées où les souvenirs de chacun remontent subtilement à la surface d'un lac brumeux sous la forme d'un brouhaha festif et assourdissant, aucune d'entre elles n'a manqué d'être bouleversé au plus profond de son être par la forte intensité émotive véhiculée par cette anecdote des plus attendrissantes ! (Oui, j'exagère encore.) En espérant que cette petite introduction chargée en points d'exclamation aura su éveiller votre intérêt, je vous ouvre donc mon coeur, les amis, et je crie au monde, sous un tourbillon de flocons de neige d'un blanc immaculé : "Oh ! Oh ! Oh ! Ecoutez tous la poignante histoire de ce Noël de l'an de grâce je-sais-plus-trop-quand-mais-je-devais-avoir-dix-ans ! Oyez, oyez, bonnes gens ! Noël est dans la place ! Oh ! Oh ! Oh ! Ouais, gros !"

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L'odeur du chocolat chaud que je venais de boire planait encore dans l'air tiède de ma chambre, et la tasse réchauffait toujours mes petites mains tremblantes qui la serraient si fort, comme pour faire stopper les battements de mon coeur, trop rapides et trop forts pour ma frêle poitrine d'enfant. Mon frère, assis à côté de moi sur le lit, regardait le plafond en soufflant, jetant un coup d'oeil rapide sur sa montre Flick Flack de temps en temps. Noël approchait, il était bientôt minuit et, très sagement mais avec une impatience contenue, nous attendions l'heure fatidique pour pouvoir nous ruer sur la tonne de cadeaux que nous avions commandé. A l'époque déjà, le Père Noël n'était pour nous qu'un pauvre type ayant un boulot minable dans un supermarché, ou bien le costume vide que notre père aurait dû porter s'il ne nous avait pas abandonné (snif...). Mais pour remplacer ce vieil ivrogne communiste (le Père Noël, pas mon père), nous avions notre môman, la plus gentille et la plus douce de toutes les Mères Noël de la galaxie. Et même si nous étions au courant de certaines de ses difficultés financières (re-snif...), nous ne doutions néanmoins pas un seul instant de tous les efforts et autres sacrifices qu'elle aurait fourni au préalable pour que nous passions, comme chaque année, un merveilleux Noël. Tic-tac. Tic-tac. Mon coeur battait de plus en plus vite : Est-ce que j'aurais le Baby-foot dont je rève depuis si longtemps ? La superbe voiture télécomandée que j'ai vu à la télé ? Ou encore ces magnifiques jouets Chevaliers du Zodiaque, dans leur armure toute dorée ? (Merci les pubs pendant le Club Dorothée.) Minuit : les réponses à toutes mes questions allaient enfin m'être données.

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"C'est bon, venez les enfants !" Ces mots étaient à peine sortis de la bouche de ma mère que mon frère et moi-même nous précipitions déjà comme des fous vers la porte du salon pour, après une courte pause due à une étrange appréhension, enfin entrer dans le royaume des rêves et de la magie, le palais du jouet et la gaieté, le pays du bonheur et du sourire aux lèvres. Lieu féérique que nous trouvions alors... désespérément vide : aucun cadeau ne nous attendait gentillement au pied du sapin, rien qui ne puisse ressembler de près ou de loin à un Baby-foot ne semblait être dissimulé dans un quelconque recoin de la pièce, et aucune lumière d'armure d'or ne reluisait nulle part, même pas au fond de la cheminée. C'était comme si Noël n'était pas là, comme s'il nous avait tout simplement oublié (snif ²). Les yeux exorbités et prêts à lâcher des flots de larmes à la moindre secousse malvenue, nous regardâmes alors notre mère qui, avec une petite voix et une expression se voulant réconfortante mais cachant mal une tristesse indéniable, nous tendit deux tous petits paquets cadeaux, à chacun d'entre nous. Dans l'un deux, il y avait un stylo douze couleurs, et dans l'autre, un joli cahier à dessin. "Cette année a été très difficile pour moi les enfants... Je suis désolé, mais c'est tout ce que je peux vous offrir pour l'instant..." Après un long silence, voyant que son visage révélait, bien malgré elle, une peine tout aussi retenue que réelle, nous la remerciâmes, lui disant que "ce n'était pas grave", que "l'important c'était d'être ensemble" et tout un autre tas de trucs que l'on avait dû entendre dans ces mauvais feuilletons qui passent pendant les vacances d'hiver. Elle nous demanda de retourner dans nos chambres : elle voulait rester seule un moment. De retour sur mon lit, mon frère et moi regardions nos pauvres stylos et je devais être tellement dépité et dégoûté qu'il tenta alors de me remonter le moral, comme il le pouvait : "Allez, c'est pas grave frérot ! Regarde il est chouette ce cahier. Et il est bien ce stylo, non ?" J'ai répondu "oui" mais je le trouvais nul à chier ce stylo, j'avais envie de le jeter par terre et de sauter dessus, puis de l'écraser avec mes pieds, encore et encore. J'avais envie que le Père Noël existe pour de vrai, comme ça j'aurais pu le détester, j'aurais pu le haïr, lui et ses lutins débiles. Car ma mère, elle, je ne pouvais pas lui en vouloir.

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"Les enfants ! Venez voir, s'il vous plaît !" (Au fait, ma mère ne nous appelle pas vraiment "les enfants", comme le ferait une vieille mamie gâteuse. Mais nos prénoms, à mon frère et moi-même, sont des informations confidentielles : si je vous les révélais, je serais dans l'obligation de vous faire comme au Père Noël juste au-dessus, celui qui baigne dans son sang.) Lentement, sans répondre, les bras ballants et nos mains tenant faiblement nos superbes stylos de Noël, nous retournâmes alors au salon, comme elle venait de nous de le demander, et là... Surprise ! Une montagne de jouets se tenait tout autour du sapin éclairé de mille feux ! Et parmi eux, un énorme et splendide Baby-foot se dressait fièrement devant mes yeux ébahis ! (Et pas une sale daube comme l'autre Barbie-foot en photo.) Les voitures télécommandées étaient elles aussi présentes, tout comme les figurines Chevalier du Zodiaque dont on avait rêvé pendant des nuits entières ! Et une multitude d'autres cadeaux, tous plus extraordinaires les uns que les autres, dansaient autour de nous dans une farandole de lumières étincelantes ! Le Père Noël, le vrai, pas le gros naze du supermarché, sortit tout à coup de la cheminée et ses rennes se mirent à chanter, et ses lutins riaient, et tout le monde pleurait de joie et remerciait le ciel pour ce jour mémorable dans l'histoire de l'humanité ! (D'accord, d'accord, j'exagère une fois de plus.) J'étais bien sûr énervé contre ma mère pour sa mauvaise blague, mais aussi immensément heureux : avoir cru sincèrement que je n'aurai pas un seul dixième de tous ces somptueux présents, me les rendait dorénavant tellement plus précieux, tellement plus resplendissants, tellement plus importants que ce qu'ils auraient pu être au départ. Je réalisais véritablement toute la chance que j'avais, je me rendais réellement compte du bonheur que je vivais et, peut-être pour la première fois de ma vie, j'en profitais pleinement et entièrement, avec une parfaite conscience de ce qu'il était : quelque chose de fragile, de fugace et d'inconstant, quelque chose qui ne va pas de soi, mais qui peut nous échapper à tout moment, quelque chose de difficile à trouver et de facile à perdre, quelque chose qui passe encore plus vite que le temps, quelque chose que tout bon parent veut offrir à son enfant, quelque chose que l'on recherche pertpétuellement, alors qu'elle se trouve en nous depuis le commencement, une chose toute bête et pourtant si compliquée à comprendre... la capacité à ouvrir les yeux et à aimer la vie, tout simplement.

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Commentaires

    Le meilleur moyen de foirer un jour de Noël : le grand-père qui casse sa pipe. Ça fait pile 10 ans :/
    Il avait bien choisi son moment...

    Posté par Gemini, 25 décembre 2009 à 00:48
  • mais quel vendu.
    la moitié de ces images c'est du kyoani.

    Posté par Rukawa, 25 décembre 2009 à 02:30
  • ah oui désolé, j'oubliais, joyeux noël.

    Posté par Rukawa, 25 décembre 2009 à 02:33
  • Peu de monde va lire ton texte au côté de tous ces boobs

    Posté par kyouray, 25 décembre 2009 à 02:37
  • Gemini : Gloups... heu, Joyeux Noël quand même ^^
    Rukawa : Bah, on fait avec ce qu'on trouve, hein... Et puis j'adore Haruhi ! Joyeux Noël !
    Kyouray : C'est un risque à prendre, mais je m'y engouffre avec joie, tellement certaines de ces images me font chaud au coeur (et j'ai dû me retenir pour ne pas mettre des trucs trop olé olé, comme disent les vieux, ou des real babes à côté desquelles toute forme de 2D fait pâle figure et qui convertiraient le plus extrémiste et le plus glauque des otakus à la magnificience de la vraie chair).

    Posté par Deuz, 25 décembre 2009 à 13:47

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